Mois de l’histoire des Noirs : Les premiers lauréats de la bourse momentum IBET se présentent

Publié le vendredi 25 février 2022

L’an passé, l’Université d’Ottawa et six autres universités ontariennes créaient la bourse de recherche momentum pour les étudiantes et étudiants autochtones et noirs en génie (IBET en anglais) pour faire tomber les obstacles systémiques auxquels se butent les universitaires autochtones et noirs dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, ainsi qu’à leur ouvrir la voie vers des études doctorales. Depuis, 13 établissements se sont joints au projet.

« L’idée, c’est d’ouvrir des portes, explique Jacques Beauvais, doyen de la faculté de génie de l’Université d’Ottawa. Les leaders autochtones et noirs sont nettement sous-représentés dans le secteur. Nos jeunes, du primaire à l’université, doivent pouvoir s’imaginer prendre la relève dans l’enseignement et la recherche en génie, d’où l’importance d’investir dans des initiatives comme la bourse doctorale IBET. Nous croyons qu’en plus de faciliter l’accès à l’éducation postsecondaire, l’initiative aidera à créer un milieu d’études plus inclusif où chaque personne peut s’épanouir. »

La bourse momentum IBET de l’Université d’Ottawa vise à favoriser l’équité et l’inclusion en recherche pour accroître la représentation d’universitaires autochtones et noirs en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques. Chaque année, elle permet à deux personnes de profiter d’un soutien financier, d’activités de mentorat et de formation, et d’occasions de réseautage pour poursuivre leur parcours doctoral.

Issa Fowai et Dominira Saul sont les premiers à recevoir cette bourse historique de l’Université d’Ottawa. En l’honneur du mois de l’histoire des Noirs, nous aimerions leur donner l’occasion de raconter leur parcours.


Homme en habit qui sourit

Issa Fowai

Doctorant en génie civil

L’année de ma naissance, le Front révolutionnaire uni (FRU) envahit le Kono, une province riche en diamants de Sierra Leone où je suis né, marquant le début d’une guerre qui durerait plus de 10 ans. La guerre, la corruption et l’absence de développement industriel ont laissé derrière elles des milliers de jeunes sans emploi ni éducation. Ce pays qui aurait dû être l’étoile de l’Afrique occidentale, avec son abondance de ressources et de talents naturels parfaite pour le développement d’une prospérité économique et politique, est plutôt devenu un véritable enfer. Aujourd’hui, malgré mes débuts pénibles, je réalise un rêve d’enfance en poursuivant un doctorat à l’Université d’Ottawa. 

Le destin m’a fait quitter l’Afrique pour la Chine, la Thaïlande et la Russie, avant d’aboutir au Canada. J’aimerais pouvoir dire que j’y suis arrivé par mes propres talents et ma détermination, mais j’ai eu d’énormes coups de main, notamment d’organismes de charité, de mentors et de fonds comme la bourse momentum IBET de l’Université d’Ottawa.

Je vois mon premier Mois de l’histoire des Noirs au Canada comme une occasion de remercier les membres de minorités noires qui m’ont précédé pour leurs sacrifices : leurs exploits sont une grande source de motivation.

Mon passage sur plusieurs continents m’a enseigné l’importance du dialogue et la pertinence du compromis. Mais surtout, j’ai compris la nécessité de travailler sans relâche à la création d’un monde libre et juste pour tous, notamment pour les femmes, les enfants, les minorités et les personnes défavorisées.

Q : Quels conseils et réflexions aimeriez-vous transmettre à la communauté du génie?

C’est vrai que ça prend du courage et pas mal de foi pour poursuivre ses rêves, surtout quand le monde semble nous tourner le dos. Mais qui ne tente pas le coup pourrait le regretter toute sa vie.

Pendant que vous êtes ici [à l’Université d’Ottawa], participez aux activités du campus, nouez des amitiés, joignez-vous à des organisations professionnelles, faites tout ce qu’il faut pour changer votre vie et trouver une solution aux problèmes du futur. Motivez-vous chaque jour à vous améliorer, tant sur le plan personnel que professionnel.


Photo de Dominira Saul

Dominira Saul

Doctorant en innovation et transformation numérique

Je crois au pouvoir transformateur de l’entrepreneuriat, et à la vaste utilité des méthodes de conception pour résoudre les problèmes du quotidien. Après avoir vu de mes propres yeux de petites entreprises former la base de grandes économies, j’ai le profond désir de mettre à profit ce que j’ai appris en tant qu’entrepreneur et concepteur pour contribuer à l’économie des pays en développement, et bien plus encore.

J’ai plus de 20 ans d’expérience en recherche et développement sur l’expérience client et utilisateur. Je suis aussi un formateur passionné. Je donne des cours sur la méthodologie de conception et l’expérience utilisateur aux deux universités d’Ottawa.

Ma carrière professionnelle a commencé à Londres au plus fort de la bulle Internet. J’ai ensuite regagné le Canada au début des années 2000 pour travailler dans une société d’experts-conseils en convivialité, où j’ai collaboré avec des grands noms du domaine de l’expérience utilisateur et de l’interaction personne-machine. En 2009, je suis devenu associé et architecte principal de l’expérience dans l’une des plus grandes sociétés d’experts-conseils en la matière au Canada. En 2018, j’ai été directeur de l’expérience utilisateur pour You.i TV avant son acquisition par Warner Media.

Dernièrement, je suis retourné à la consultation. En avril 2020, mon collaborateur de longue date et moi avons fondé DFFRNT, une société d’experts-conseils en recherche et développement stratégique.

En plus de gérer mon entreprise, je poursuis un doctorat dans le cadre du programme en innovation et en transformation numérique à l’Université d’Ottawa. Ma spécialité : l’utilisation des méthodes de conception axées sur l’expérience utilisateur dans les laboratoires d’innovation.

Q : Pourquoi avez-vous choisi d’entreprendre un doctorat?

Je provoque de drôles de réaction quand je dis aux gens que je fais un doctorat : mes collègues et partenaires sont généralement partagés entre l’horreur et la pitié, et on me demande souvent pourquoi, au point où j’en suis dans ma carrière (honnêtement, j’en ai plus de fait qu’il m’en reste à faire) j’ai choisi de me lancer dans un projet de cette envergure.

D’une part, je crois fermement qu’au rythme où le numérique évolue de nos jours, l’innovation et la conception de produits doivent être entièrement centrées sur les personnes qui les utilisent et leurs besoins. J’y crois pour plusieurs raisons, mais notamment pour des questions de durabilité, de diversité et d’inclusion. Trop souvent, les personnes qui s’écartent de la norme ne sont simplement pas considérées dans la conception et la mise en œuvre de produits et services. En me spécialisant en innovation, j’espère tirer profit de mon expérience pour incarner un changement nécessaire.

D’autre part, en tant que professionnel noir, je sais bien trop qu’il perdure encore des stéréotypes et des préjugés sur les personnes comme moi, et c’est pourquoi je me sens l’obligation de servir d’exemple et de faire tomber les obstacles pour les jeunes qui commencent dans le milieu, ou qui étudient et cherchent à réaliser leurs rêves. Je tiens à me positionner pour pouvoir aider les autres à faire de grandes choses. J’ai eu accès à de grands privilèges, comme d’obtenir la bourse momentum IBET de l’Université d’Ottawa, et j’en suis pleinement conscient et reconnaissant. Je souhaite maintenant me servir de ces privilèges pour améliorer la vie des autres.


Pour en savoir plus sur la bourse momentum IBET de l’Université d’Ottawa, visitez la page web pour la bourse momentum IBET.

Haut de page